Les régions doivent-elles être confortées dans leur rôle de chef de file du développement économique ?

Aujourd’hui, la « gouvernance » de l’économie est un domaine très largement centralisé. Or tout le monde s’accorde sur une priorité incontestable dans le contexte de crise dans lequel nous venons d’entrer : tous les moyens doivent être mis en œuvre, non seulement pour minimiser les conséquences destructrices de la crise, mais aussi pour stimuler toutes les niches de croissance là où elles se trouvent. Au niveau des régions cependant, les responsabilités sont morcelées et ne permettent pas de déployer une action globale cohérente et efficace. Alors même que deux compétences clés leur sont confiées : la formation-orientation-emploi d’une part, l’innovation et la recherche d’autre part.

Les propositions de l’Association des Régions de France en matière de rôle économique :

> pour minimiser l’impact de la crise : la proximité est la condition la plus déterminante pour agir de façon rapide, pertinente et efficace et gérer au mieux les conséquences de la crise : ralentissement d’activité, fermeture d’ateliers ou d’usines, recentrage des entreprises sur des métiers connexes, etc.
Parce qu’elles connaissent en détail leurs entreprises et le bassin d’emploi local, les régions sont les acteurs les mieux à même d’anticiper les décisions socialement difficiles ; de déployer des moyens de formation et de réorientation professionnelle ; de renforcer la formation vers des filières porteuses ; etc.
Les régions jouent un rôle de régulateur économique de terrain en favorisant les liens entre les différents acteurs du monde du travail et de la formation professionnelle.

> pour stimuler la croissance : aujourd’hui, l’innovation constitue le principal moteur de croissance, car elle détermine la compétitivité des entreprises. Or l’innovation dépend d’une collaboration étroite des acteurs locaux : grandes entreprises, PME, universités, collectivités. C’est au niveau régional que sont impulsées les synergies créatrices de richesses et d’emploi pérennes, que le développement économique et l’appui aux PME trouvent leur pertinence.
Aujourd’hui, les budgets régionaux consolidés de soutien à la recherche équivalent à celui de l’Agence Nationale pour la Recherche (ANR). Mais pour rentrer pleinement dans une économie de l’innovation les régions doivent être confortées dans leur rôle de pilote de l’action économique dans les territoires. Les chefs d’entreprise ne s’y trompent pas. Depuis l’effondrement des marchés financiers, ils sont de plus en plus nombreux à faire connaître aux régions leurs difficultés de bouclage des plans de financement de leurs projets de modernisation, de recherche ou d’innovation.
Ce contexte exceptionnel appelle plus que jamais des régions fortes, ayant à la fois la capacité financière et stratégique d’agir, et la proximité indispensable pour convaincre les financeurs et cibler les aides.