Faut-il modifier le mode de scrutin des élections régionales ?

La tentation politique est forte de traiter la réforme des collectivités territoriales par la modification du mode de scrutin des élections régionales, comme si une quatrième modification en l’espace de cinq élections allait pouvoir régler les fonctionnements qui restent aujourd’hui à améliorer dans notre organisation régionale.

La proposition de l’Association des Régions de France sur le mode de scrutin des élections régionales :

> maintenir le mode de scrutin actuel. Celui-ci présente des caractéristiques qu’il est utile de rappeler. Le mode de scrutin actuel permet de :

  • dégager des majorités stables et pouvant gouverner, tout en assurant, grâce à la proportionnelle, la représentation des différentes familles politiques. Le scrutin proportionnel garantit la présence au sein de l’assemblée régionale de groupes politiques ayant obtenu plus de 10% des voix au niveau régional au 1er tour. La prime majoritaire, elle, assure la constitution d’une majorité à l’issue du scrutin et garantit le bon fonctionnement de l’institution régionale pendant toute la durée de la mandature.
  • respecter et assurer un réelle parité Hommes-Femmes
  • garantir un ancrage local des candidats, au niveau départemental, puisque les listes comportent des sections départementales
  • assurer un vrai renouvellement du personnel politique : 69% des conseillés régionaux en 2004 ne l’avaient jamais été auparavant.

Le manque d’ancrage territorial des conseillers régionaux est une notion erronée. Plusieurs indicateurs montrent au contraire que les conseillers régionaux sont proches des Français (source : étude Ipsos de 2005) :

  • 72% des élus régionaux étaient installés dans la région dont ils sont élus au moins depuis la génération de leurs parents
  • 60% détenaient un autre mandat local (maire, adjoint au maire, conseiller municipal…)
  • 70% exerçaient localement des responsabilités au sein d’un parti politique
  • 72% étaient membres d’une association locale.