C’est l’erreur la plus répandue. Fusionner les régions et les départements constitue typiquement une idée simpliste, provocatrice et détournant surtout l’attention des citoyens sur la vraie nature des problèmes restant à traiter pour disposer d’une organisation moderne et efficace.
Cette fusion ne représenterait aucune économie, puisque les compétences donc les services resteraient les mêmes.
Par ailleurs, les élus cumulant deux responsabilités seraient moins disponibles donc moins présents sur les dossiers.
Les propositions de l’Association des Régions de France sur l’organisation territoriale :
> supprimer les doublons avec l’Etat. S’il existe un « millefeuille », c’est celui des doublons entre les missions de l’Etat et celles des collectivités. Car, malgré les transferts de compétences progressifs vers les collectivités territoriales, l’Etat a maintenu ces dernières décennies de nombreuses administrations territoriales, dites « administrations déconcentrées », qui font aujourd’hui doublon avec les missions des collectivités (Direction Régionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement et Direction Régionale de l’Equipement – devenues DREAL en janvier 2009 ; Direction Régionale du Travail, de l’Emploi et de la Formation Professionnelle…..).Or ce sont ces doublons qui constituent une vraie source de gaspillage de temps et d’argent. Le temps et le coût de la décision publique en France sont largement plus longs et plus élevés que dans le reste de l’Union européenne.
L’Etat conduit actuellement une grande réforme de son organisation administrative : la Revue Générale des Politiques Publiques. Il est urgent d’y inclure la suppression de ses missions locales, qui n’ont plus lieu d’être lorsque celles-ci ont déjà été confiées aux collectivités territoriales.
> clarifier les compétences entre les différentes collectivités territoriales. Deux voies sont possibles :
- pour l’Etat : les responsabilités de justice (tribunaux, prisons), de santé (établissements hospitaliers), de sécurité (civile et militaire), d’éducation (secondaire, universités). Pour gérer l’urgence des réformes à conduire et les moyens à injecter dans ces différents domaines, on comprend bien que l’Etat a besoin de se recentrer sur ses missions prioritaires.
- pour les régions : un rôle de « chef de file » dans les domaines du développement économique, de l’innovation et de la recherche, des lycées, de la formation professionnelle-orientation-emploi, des transports collectifs régionaux. Une façon de prolonger leurs compétences sur des domaines déjà complètement ou partiellement gérés par les régions. A cela doit s’ajouter le pouvoir réglementaire qui leur correspond (rendre prescriptifs les schémas qu’elles élaborent), ainsi que la possibilité de disposer également d’un pouvoir d’expérimentation.
- pour les départements : un rôle de chef de file sur les domaines qu’ils couvrent déjà partiellement ou totalement, ainsi qu’un renforcement de leur statut d’acteurs des solidarités sociales et territoriales.
- pour les communes et intercommunalités : une reconnaissance de leur rôle « d’opérateurs de terrain ».
| Donnez
votre avis : De ces trois propositions, quelle est celle qui vous paraît la plus urgente ? |
| La
suppression d’un échelon
serait-elle source d’économies ? Pour le sénateur Alain Lambert, la réponse est non. L’argument du coût –et de son impact supposé sur les impôts- figure en tête des arguments utilisés pour justifier la suppression d’un échelon territorial. On évoque un « gaspillage » de l’argent public du fait du chevauchement supposé des missions entre les différents acteurs territoriaux. Non seulement l’argument est non fondé, mais surtout il n’est d’aucune utilité pour juger de la pertinence de notre organisation territoriale actuelle. Le sénateur Alain Lambert, président du conseil général de l'Orne, ancien ministre délégué au budget et à la réforme budgétaire et vice-président de la Commission des finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la Nation du Sénat, s’est exprimé récemment dans la revue Acteurs Publics (N°50, janvier 2009). A la question « Moins d’échelons, est-ce nécessairement moins d’impôts ? », il répond : « Non, je ne le pense pas. Les économies de gestion que l’on génère par la mutualisation de services représentent des coûts infinitésimaux au regard des grands postes de dépenses des collectivités. Les gisements les plus importants se trouvent bien davantage dans une simplification drastique du formalisme démocratique subi par les collectivités. La suppression administrative elle-même d’un échelon n’économiserait pas plus de 5% des dépenses. L’échelon ne doit pas être analysé sous l’angle de l’économie mais sous l’angle de l’efficacité. » (Source : revue Acteurs Publics N°50, janvier 2009 – Dossier consacré à la réforme de l’Etat : « Le coût des économies ») |
L'Actualité du débat
- 28/04/2009
174 pages, 20 propositions, le rapport du comité Balladur s’est fait remarquer et a fait couler beaucoup d’encre… autour d’un grand absent : le citoyen !
Qu’on l’appelle habitant, administré, électeur ou usager des territoires, c’est malheureusement l’acteur oublié du projet de réforme des collectivités territoriales...
- 26/03/2009
La réforme des collectivités territoriales passe par "la recherche du consensus", a déclaré Michèle Alliot-Marie dans une tribune publiée mercredi par Le Monde, à la veille de la Conférence nationale des exécutifs (CNE) à Matignon qui lancera la concertation sur ce sujet...
- 24/03/2009
Interrogé par Localtis, le président de la région Alsace revient sur ce qui représente pour lui un contresens absolu : la suppression de la clause générale de compétence telle que proposée par le rapport Balladur...
- 23/03/2009
Pour améliorer la qualité et l’efficacité des services publics, supprimer les lenteurs et les surcoûts, il faut clarifier, dire qui fait quoi, qui est responsable, à qui les citoyens, les élus, les associations et les entreprises doivent s’adresser. Pour cela,le PS propose se s’appuyer sur cinq grandes priorités...
- 23/03/2009
Plusieurs des propositions du rapport Balladur, si elles sont adoptées, accroîtront la confusion, diminueront l'efficacité des politiques publiques et aggraveront les inégalités...